Andy Gould, le manager de Rob Zombie depuis de longues années, était déjà le producteur de ses deux films précédents LA MAISON DES 1000 MORTS et THE DEVIL’S REJECTS.
Il raconte que Zombie a été contacté pour HALLOWEEN très peu de temps après la sortie remarquée de THE DEVIL’S REJECTS. “On avait pris un peu de recul pour faire un disque et une tournée,” dit-il. “C’est à ce moment-là qu’on a reçu un appel de Bob Weinstein, qui nous a dit combien il aimait le travail de Rob, son style et THE DEVIL’S REJECTS. Il voulait savoir s’il serait tenté de faire un film pour eux.”
NOUVEAUX VISAGES
RETOUR SUR LES LIEUX
DERRIERE LE MASQUE
Au cours de leur rencontre, HALLOWEEN a été évoqué une première fois. “Honnêtement, on n’était pas très chauds”, poursuit Gould. “Parce que le film de Carpenter est un classique. Et puis, petit à petit, Rob s’est mis dans l’idée qu’il y avait sans doute un autre point de vue à explorer, une autre histoire à raconter qui ferait qu’il ne s’agirait pas d’un remake plan par plan.”
En refaisant HALLOWEEN, un classique de l’horreur adoré par ses fans, Rob Zombie savait que les projecteurs seraient braqués sur lui. Il avait conscience d’être en territoire sacré, et ne prenait pas cette responsabilité à la légère.
Dans un premier temps, Zombie reconnaît qu’il n’avait pas très envie de faire le film. “Le plus souvent, les remakes de films d’horreur ne sont pas terribles,” note-t-il. “Surtout quand ils s’attaquent à des films que je considère comme réussis. Je ne voyais juste pas l’intérêt.
Et puis,je me suis mis à penser à des films que j’aime et qui sont des remakes, comme ‘Scarface’ ou ‘les Nerfs à vif.’ J’ai aussi réalisé qu’on regarde encore la version muette de ‘Dracula’, malgré les remakes qui en ont été faits. Et l’idée a fait son chemin.”
Zombie se donna pour objectif d’écrire un scénario qui utiliserait des éléments d’origine, tout en se permettant quelques libertés.
“Le premier HALLOWEEN date d’il y a trente ans. Il est clair que le public d’aujourd’hui est plus sophistiqué. Le premier est un classique pour tout un tas de raison. L’une d’entre elles est que c’est à peine si on y voit une goutte de sang !
Les spectateurs d’aujourd’hui s’attendent à autre chose.” Aux yeux de Akkad, les deux films précédents de Zombie étaient emblématiques d’une approche moderne de l’horreur, dotés d’un style radical parfaitement adapté à “Halloween.” “Rob a écrit un script superbe,” affirme Akkad. “Quand il nous a présenté ses idées, il avait déjà une conception très précise de la façon de conserver les bases du film original en y ajoutant des éléments jamais vus. Il s’agissait de réinventer et de réimaginer la série.”
“‘Batman Begins’ est un bon exemple de la façon dont il est possible de réécrire une histoire,” poursuit Andy Gould. “Il suffit de remonter un peu plus loin dans le temps et de combler les trous. Regardez le premier HALLOWEEN. Ça commence avec le petit garçon et les premiers meurtres. Dans le nouveau film, on en apprend beaucoup plus sur ce qui mène à cette tragédie.” Pour Gould, certaines scènes rendent un hommage direct au film de Carpenter, mais il s’agit sans aucun doute possible de la vision personnelle de Rob Zombie.
NOUVEAUX VISAGES
Zombie et ses producteurs devaient trouver de nouveaux visages pour incarner des personnages connus et appréciés par plusieurs générations de spectateurs. Malgré les nombreux éléments inédits concernant en particulier les jeunes années de Michael Myers, les créateurs du film ont pris la décision de ne pas trop s’éloigner des personnages déjà établis de sa vie adulte.
“Il y avait des personnages et des moments cultes qu’on se devait de conserver, parce que sinon, ce ne serait pas HALLOWEEN, rappelle Akkad. “Pour l’essentiel, on a conservé les noms des personnages.
Certains dialogues du Docteur Loomis et des jeunes filles sont impossibles à changer. Toutes choses qui forment un lien très fort avec le film de Carpenter, même si tout est fait d’une façon très différente, aussi bien sur le plan du montage que du jeu des comédiens.”

HALLOWEEN raconte trois moments de la vie de Michael Myers : son enfance à Haddonfield, les années passées sous la surveillance du Dr. Loomis au Sanatorium, et le jour tragique qui suit son évasion. “L’enfance de Michael et le temps passé dans l’institution sont beaucoup plus approfondis”, révèle Akkad. “Le film d’origine ne s’aventurait jamais sur ce terrain,ce qui était sans doute parfait pour l’époque et permettait à chacun de nourrir l’histoire à sa façon. Cette fois, on pénètre en profondeur dans l’histoire familiale de Michael. A mon avis, cela devrait passionner les fans et intriguer les spectateurs d’aujourd’hui qui ne peuvent pas se contenter d’un type qui poursuit des baby-sitters pour les massacrer. Michael Myers est désormais un personnage nettement plus abouti.”
Rob Zombie raconte comment il a refaçonné Michael Myers. “Nous avons choisi de faire de Michael un pur psychopathe. Ce qui ne veut surtout pas dire qu’il n’a pas un certain charme. J’en ai d’ailleurs fait un gamin plutôt sympa, parce que mes recherches m’ont conduit à penser que les psychopathes peuvent être charismatiques, ils peuvent être charmants, il peuvent même être amicaux. Ils n’ont simplement pas le sens du bien et du mal. Aucun sentiment de remords, ni rien de ce genre. Ils ne ressentent pas ce type d’émotions. C’est dans cette direction que nous avons décidé de creuser.”
Très tôt, des signes laissent penser que Michael n’est pas l’enfant le plus normal de l’école, et qu’il a besoin de l’aide d’un psychologue spécialisé. Ce psychologue, le docteur Samuel Loomis, est joué par le vétéran oscarisé Malcolm McDowell, star du classique de Stanley Kubrick ORANGE MÉCANIQUE et de douzaines d’autres films.
Comme ses fans ne peuvent pas l’ignorer, ORANGE MÉCANIQUE est le film préféré de Rob Zombie. Le choix de McDowell pour ce rôle rendu célèbre par Donald Pleasance était à la fois une décision facile et un honneur. “Depuis le premier jour,je voulais que Malcolm joue le Dr.Loomis”, raconte Zombie. “J’avais une idée assez précise de la façon dont je voulais traiter le personnage, et j’avais besoin d’un acteur capable de se montrer assez désagréable – Loomis est prétentieux et agaçant – tout en restant charismatique.
Je me doutais que Malcolm saurait apporter cette ambivalence. On l’aime bien même si on n’est pas sûr que c’est une bonne idée.” McDowell reconnaît qu’il n’avait pas trop envie de tourner dans un film d’horreur à ce stade de sa carrière, mais que sa rencontre avec Rob Zombie l’a fait changer d’avis.

“J’ai vu un homme extrêmement intelligent, avec une approche magnifique de son sujet,” affirme-t-il. “Il voulait trouver une manière neuve et fraîche de faire un film d’horreur classique. Or, le genre est tellement excitant dans sa forme classique qu’il n’a pas dû s’employer beaucoup pour me convaincre.” McDowell ne voulait pas reproduire la performance de son vieil ami et collègue, Donald Pleasance. “Pas question de faire une pâle imitation de Donald Pleasance. J’en ai parlé à Rob et on s’est dit qu’il serait plus amusant d’apporter une touche plus légère au personnage”, dit-il.
“Il ne s’agissait pas d’en faire un personnage comique, bien sûr. Mais il est un peu pédant. Il pense être le meilleur dans son domaine.
Je me suis beaucoup servi du fait que Loomis ne s’est pas gêné pour exploiter ce patient si particulier : il a écrit un best sellersur son cas et il passe régulièrement à la télé grâce à lui.” Après une longue recherche, le rôle du jeune Michael Myers âgé de 10 ans a été confié au débutant Daeg Faerch. Zombie savait qu’il s’agissait sans doute de sa décision la plus délicate. “Si cela ne fonctionnait pas, alors rien ne fonctionnerait, parce que son rôle est décisif”, explique-t-il.
Dès que Daeg est entré en scène, Zombie a su qu’il avait trouvé son Michael Myers. “J’ai vu sa photo avant de voir sa démo ou quoi que ce soit d’autre”, se souvient le réalisateur. “Tout de suite, je l’ai trouvé parfait ! Il a une présence très étrange. Parfois – en une seconde et sans même vraiment essayer –, il a l’air effrayant, comme possédé. Et l’instant d’après, il a l’air du gamin le plus gentil de la terre. C’est très curieux. Et très naturel chez lui.”
La mère de Daeg l’a autorisé à regarder le film original de John Carpenter avant le début du tournage, mais elle a fait en sorte qu’il ne lise que les pages du script contenant ses scènes. “Après l’avoir lu en entier, elle m’a dit, ‘oulah, toi, tu ne lis pas ça !,’” se souvient-il. “Moi, je me disais, zut ! Mais bon, je veux bien croire qu’il y a un tas de meurtres et de trucs dont je n’avais pas besoin pour mon rôle.”
Après sa performance mémorable dans le rôle de l’irrésistible tueuse blonde Baby Firefly dans LA MAISON DES 1000 MORTS et sa suite, THE DEVIL’S REJECTS, Sheri Moon Zombie interprète Deborah Myers, la mère prolétaire de Michael, qui travaille dans un club de strip-tease pour payer les factures et élever ses enfants sans père.
“J’adore travailler avec Sheri”, précise Rob Zombie. “Déjà, c’est ma femme. Mais j’ai toujours voulu qu’elle joue la mère de Michael. Je savais que ce serait parfait. En fait, je suis parti d’elle et ensuite, quand j’ai trouvé Daeg, j’ai senti qu’ils iraient bien ensemble. Dès le début, ils ont eu une relation et un feeling parfaits. Grâce à eux, le film a pris une dimension très spéciale.
Les premières séquences parlent de Michael et de sa mère.
Même si ce n’est jamais dit, on peut avoir l’impression que Michael tue pour protéger sa maman.”
“Sheri a été dans les trois films de Rob et, si vous regardez bien, entre LA MAISON DES 1000 MORTS, THE DEVIL’S REJECTS et HALLOWEEN, elle a énormément progressé”, note Andy Gould. “Elle s’est épanouie comme actrice. Dans certaines scènes de HALLOWEEN, elle est une vraie révélation.”


Après avoir joué le Sheriff Wydell dans THE DEVIL’S REJECTS, William Forsythe retrouve lui aussi Rob Zombie, pour le rôle du petit ami de Deborah Myers. Forsythe se remémore l’appel mystérieux de Rob Zombie pour lui proposer HALLOWEEN sans lui dire quoi que ce soit sur son personnage ni ce qui devait lui arriver. “Avec Rob, nous avons fait le pacte que je dois avoir une mort spéciale et créative dans chacun de ses films,” rigole Forsythe. “Le moins qu’on puisse dire est que celui-ci ne fait pas exception.”
Pour le rôle déterminant de Michael Myers adulte – l’une des figures les plus légendaires dans les annales de l’horreur – le choix de Rob Zombie s’est porté sur Tyler Mane. Mane, un acteur de près de deux mètres, a commencé comme lutteur pro avant de se tourner vers la comédie. On le connaît surtout pour ses rôles de Dents de sabre dans le premier épisode de la série X-MEN et de Ajax dans TROIE.
“Tyler était mon tout premier choix pour le rôle,” précise Zombie. “Avec les années, le personnage de Michael Myers était devenu si iconique qu’on avait cessé de faire attention à lui dans les films.
On mettait juste un cascadeur dans un costume,ça n’avait plus aucune importance. Le hic, c’est qu’il ne faisait plus peur. Je me suis donc dit qu’il était important de prendre quelqu’un qui possède une stature physique intimidante, mais qui soit aussi un véritable acteur.”
Andy Gould ajoute qu’ils avaient déjà travaillé avec Tyler Mane, puisqu’il tenait un petit rôle dans THE DEVIL’S REJECTS. “Au tout début, on se demandait s’il était la bonne personne pour le rôle”, explique Gould. “Mais sa façon de se tenir et de bouger est très expressive. Il n’est pas un simple colosse menaçant. Il sait jouer la comédie et en use pour faire de Michael davantage qu’une simple machine à tuer.”
Pour Malek Akkad, Mane a porté Michael Myers à un tout autre niveau. “Je me posais des questions. Je le trouvais peut-être trop grand, trop massif, surtout que Michael avait toujours été traité comme ‘la silhouette’” dit-il. “Mais à l’écran, il a une superbe allure, et une véritable aura. ”Mane tenait justement à ce que le personnage soit plus qu’une simple silhouette. “Parce que lorsque l’on sait un peu ce qu’il y a derrière le masque, il fait encore plus peur” explique-t-il. Mane rappelle qu’il est l’acteur le plus grand et le plus lourd qui a jamais joué le rôle de Myers.
Il apporte cette dimension physique au rôle. “Dans l’original, Michael bouge très lentement. Dans ce film, il se déplace plus vite. Il est plus intimidant et plus effrayant que précédemment.”
“Il est empreint d’un certain pathos”, note Malcolm McDowell. “Il suscite une vraie émotion même s’il ne dit jamais un mot. Il est totalement silencieux. Mais sa façon de bouger possède une réelle beauté. Il laisse percevoir sa vulnérabilité, ce qui est très important. Sans vulnérabilité, un monstre n’a pas grand intérêt. Tyler apporte cette dimension simplement par sa façon de se mouvoir.”
17 ans plus tard, quand Michael Myers adulte s’évade, le Dr. Loomis le suit à Haddonfield où il demande son aide au sheriff local, Leigh Brackett, interprété par Brad Dourif. Nommé pour l’Oscar du Meilleur Second Rôle pour son interprétation inoubliable dans VOL AU-DESSUS D’UN NID DE COUCOU de Milos Forman, Dourif est adulé des fans de cinéma d’horreur depuis qu’il prête sa voix à la poupée tueuse Chucky.
Dans HALLOWEEN, Dourif est utilisé à contre emploi. “Je suis toujours content quand on me propose un rôle de gentil,” dit-il. “C’est assez nouveau pour moi. D’habitude, j’ai plutôt l’habitude d’être celui qui commet les meurtres.”
“On a beaucoup eu recours au contre-emploi sur ce film”, explique Zombie. “Brad a une présence tellement étrange à l’écran… C’est pour cela que j’ai pensé qu’il serait bon dans le rôle du sheriff.
Pour le personnage de la baby-sitter Laurie Strode, rendu célèbre par Jamie Lee Curtis, le choix des créateurs s’est porté sur Scout Taylor-Compton, une jeune comédienne à la profondeur et au charisme exceptionnels. Jamie Lee Curtis était tellement cruciale dans le succès du premier film que tout le monde demandait à Zombie “mais qui va jouer Laurie Strode ?” “Le plus drôle”, révèle-t-il, “est que Scout est la première actrice que j’ai vue. Bien sûr, je me suis dit que je m’emballais parce que je n’avais aucun point de comparaison. Mais elle a toujours eu ma préférence. On a vu la terre entière pour ce rôle, et on est revenue à elle sans la moindre hésitation. Elle était simplement parfaite.”
“Scout a des côtés très vulnérables”, fait remarquer Zombie. “De toutes celles qui ont auditionné pour le rôle, elle était la seule à jouer la peur en vous y faisant croire. On n’avait pas l’impression qu’elle faisait sa “tête effrayée” ou son “cri d’horreur”. Chez elle, tout semblait naturel. Et c’est précisément ce que je recherchais chez mes acteurs”. “Laurie est la soeur de Michael, la seule personne qu’il aime”, explique Taylor-Compton. “Elle n’était qu’un bébé quand il a commencé à tuer. Elle a désormais 17 ans et ne sait pas qui il est. Il revient pour elle, il tue ses amis, sa famille, et tout au long du film, elle ne comprend rien à ce qui lui arrive.”
La jeune actrice rappelle que la Laurie d’origine était studieuse et assez renfermée. Au cours de discussions avec Rob Zombie, ils ont pris la décision de changer subtilement sa caractérisation.
“Notre Laurie a plus d’énergie, plus de caractère,” dit-elle. “Elle reste une fille ordinaire, avec l’air innocent, mais elle s’intègre mieux à son groupe de copines.”

Danielle Harris et Kristina Klebe jouent respectivement Annie et Lynda, ses deux meilleures amies. Enfant, Danielle Harris est apparue dans HALLOWEEN 4 et HALLOWEEN 5, ce qui fait d’elle la seule actrice du film de Rob Zombie qui avait déjà l’expérience de la série.
Au sujet de Harris, Akkab se souvient que “à l’époque, on avait parcouru le pays entier à la recherche d’une enfant actrice pour jouer la fille de Jamie Lee Curtis. Maintenant qu’elle est adulte, il est formidable que Danielle ait pu revenir jouer un rôle totalement différent.”
Kristina Klebe interprète Lynda van der Klok, la copine vive et parfois cassante qui passe la nuit dans la vielle demeure des Myers avec son petit ami. Dans une scène particulièrement crispante, elle se fait étrangler par Michael Myers alors qu’elle est totalement nue.
“J’étais vraiment nue”, se souvient-elle, “et ce type immense arrive derrière moi et m’empoigne, alors qu’il peut sans doute me tuer d’une seule main. J’étais très mal à l’aise, mais Tyler m’a beaucoup aidée. Il était très pro, très doux, presque comme un grand frère.”
Tout au long du film, apparaissent une pléthore de comédiens dans des rôles familiers ou inédits. Parmi eux, Dee Wallace, Udo Kier, Richard Lynch, Micky Dolenz et la plupart des acteurs utilisés par Rob Zombie dans ses deux premiers films, comme Danny Trejo, Sid Haig ou Bill Moseley. “Les castings de Rob sont toujours remarquables”, dit Andy Gould. “Il se débrouille pour placer des gens cool qu’on a vus ailleurs et des acteurs de films underground. Dans ses films, même les rôles secondaires sont tenus par de vrais comédiens.
RETOUR SUR LES LIEUX
Comme si préparer l’un des films d’horreur les plus attendus de 2007 n’était pas assez prenant, le week-end précédant les premières prises de vue de HALLOWEEN, Rob Zombie et la majeure partie de ses techniciens se sont réunis au Sable Ranch de Canyon Country, au nord de Los Angeles, pour tourner “Werewolf Women of the SS”, une fausse bande-annonce incluse dans le projet commun de Quentin Tarantino et Robert Rodriguez, GRINDHOUSE. On y retrouvait trois acteurs concernés par HALLOWEEN : Sheri Moon Zombie, Sybil Danning et Udo Kier. Une fois ce trailer dans la boîte, l’équipe était prête pour les premiers tours de manivelle de HALLOWEEN.
Le tournage de HALLOWEEN a débuté le 29 janvier 2007 à Los Angeles, et s’est prolongé 38 jours jusqu’au 22 mars dans le sud de la Californie. Aucun studio n’a été utilisé pendant les huit semaines de tournage. L’essentiel des prises de vues ont été filmées au sud de Pasadena, dans les quartiers mêmes où John Carpenter avait tourné l’original en 1978. Aucune des demeures du premier film n’ont été réutilisées, mais les fans ne manqueront pas de reconnaître certaines caractéristiques du quartier. “On était littéralement à 200 mètres de là où se trouve la première maison des Myers, dans la rue où les trois copines se promènent en sortant du lycée dans le film d’origine,” rappelle Malek Akkad. “D’une certaine façon, c’est bien d’un retour aux sources qu’il s’agit.”
“C’était cool de se retrouver là où John Carpenter a développé sa propre vision et de pouvoir ainsi lui rendre hommage”, dit Andy Gould. “Dans certaines séquences, on est exactement là où des plans de l’original ont été tournés. Essayer de s’y retrouver sera sans doute l’une des attractions du DVD quand il sortira.”
Pour que le film soit intemporel, Rob Zombie a choisi de ne pas révéler en quelle année se déroulent les premières séquences du film. Tout ce que l’on sait est que les scènes modernes se passent “17 ans plus tard”. Les voitures de la première partie indiquent qu’il pourrait s’agir des années 70, surtout la Dodge Super Bee Cornet de 1972 que conduit Deborah Myers, une attraction premier choix pour les fans de voitures parmi les membres de l’équipe.
Zombie explique que sa démarche pour déterminer le style visuel du film était de rechercher le plus de réalisme possible. “Bien souvent, les films d’horreur sont volontairement irréalistes,” avance-t-il. “Ils sont parfois oniriques, parfois un peu grand guignol. C’est une façon de faire des clins d’oeil au spectateur qui ne m’intéresse pas le moins du monde. Les films d’horreur qui tiennent le coup et demeurent des classiques ne sont jamais faits comme cela. Par exemple, William Friedkin a tourné L’EXORCISTE dans un style similaire à celui qu’il avait utlisé pour FRENCH CONNECTION.

Pour réussir ce qu’il avait en tête, Rob Zombie a engagé le directeur de la photographie Phil Parmet, déjà derrière la caméra de THE DEVIL’S REJECTS et bien connu pour son travail de documentariste. Après THE DEVIL’S REJECTS, tourné surtout à l’épaule, Parmet et Zombie ont choisi de revenir à des mouvements de caméra plus contrôlés pour HALLOWEEN, tout en restant le plus réaliste possible. “Les films que nous avions en tête en termes de look n’étaient pas du tout des films d’horreur. C’était plutôt 21 GRAMMES ou Amours chiennes de Innaritu, les films de Larry Clark ou de Harmony Korine. L’idée de Rob était de créer un feeling très immédiat et viscéral.
De cette façon, quand quelqu’un est tué dans le film, c’est très violent, très réel, comme le travail d’un documentariste qui couvre une guerre et qui ne parvient jamais à être tout près de l’action.
Parfois, il est plus terrifiant de n’avoir qu’une vision parcellaire de l’action : voir le reflet d’un couteau mais pas la plaie qu’il provoque, par exemple.”Rob Zombie donne un autre exemple de son traitement réaliste des moments les plus terrifiants du film. “Dans la scène où Michael tue les Strode”, dit-il, “j’ai fait en sorte que toutes les lumières de leur maison soient allumées. Tout est très éclairé, comme dans ces belles demeures de banlieue. Quelqu’un tape à la porte. Vous ouvrez et soudain, votre famille est prise en otage. Le tout en pleine lumière. Tout le monde a peur de ça. C’est comme dans un film de Polanski, quand les choses sont si tendues que ça en devient insupportable.”
Les images seventies du début n’ont pas été tournées de façon différentes des séquences contemporaines, mais Parmet les a manipulées digitalement en post-production. “Quand le jeune Michael est à l’écran, le film est dans des tons plus chauds,” dit-il. “Le look se refroidit à mesure qu’on avance dans le film. De plus en plus froid – bleuté, granuleux, agressif – jusqu’à devenir glacé à la fin.”
Le décorateur Anthony Tremblay, qui a travaillé avec Rob Zombie sur THE DEVIL’S REJECTS, a apprécié cet ancrage dans la réalité. “Nous voulions que les événements aient l’air de pouvoir se produire dans le réel”, explique-t-il. “C’est un principe que nous avons appliqué dans le choix de chaque décor. Quand des choses inhabituelles se produisent dans un cadre familier, leur impact est très supérieur.” Ce choix lui imposait également de relever des défis complexes. “Le fait que le film soit tourné dans le sud ensoleillé de la Californie en février et mars signifiait que les feuilles n’avaient pas les teintes oranges de l’automne”, dit-il. Pour reproduire le look automnal de l’Illinois, les décorateurs ont utilisé 200 sacs bourrés de feuilles brunes qu’ils ont disposées sur les longues étendues de pelouses vertes typiquement californiennes des résidences de Pasadena.
DERRIERE LE MASQUE
L’une des clefs de la longévité de Michael Myers est son fameux masque, dont Rob Zombie a choisi de révéler plusieurs secrets dans son HALLOWEEN. Malek Akkad rappelle que dans le film d’origine, le choix du masque avait été un concours de circonstances. “Carpenter a dirigé Michael comme une simple silhouette dont on ne perçoit que les mouvement sans jamais savoir ce qu’il y a derrière.
Cette approche fait partie de la mystique du personnage, créant un mystère que les fans ont tenté d’élucider par eux-mêmes. Mais ça ne marcherait pas aussi bien si le masque n’était pas si terrifiant. Le jour du tournage, ils en avaient plusieurs, dont un masque de clown maléfique, mais ils ont choisi celui que nous connaissons tous. Tout le crédit en revient à Carpenter : cette décision a fait de Michael le tueur au look le plus cool de l’histoire du cinéma.”
Ce masque est parfois décrit comme le “Shatner mask,” en référence à l’acteur de “Star Trek” William Shatner, dont le visage lui a servi de modèle. “La nuit où il bascule, Michael porte un costume de clown traditionnel des années 60,” remarque la costumière Mary McLeod. “Puis nous passons au Michael adulte, qui a vécu dans ces tuniques, t-shirts et bas de pyjamas usés pendant 17 ans,” ajoute-t-elle. “Quand il s’échappe, il récupère la combinaison d’un routier dans un relais automobile.
On est parti d’une combinaison Carhartt classique, qu’on a fait vieillir, à force de la teindre, de la frotter et de la peindre, au cours d’un processus d’une semaine, pour en arriver au résultat que l’on voit à l’écran – de vraies haillons. Dans ce film, tout ce qui concerne les costumes a rapport au vieillissement.” McLeod ajoute qu’une bonne douzaine de combinaisons ont été créées pour le film.
Rob Zombie confie que le seul élément du film de John Carpenter qu’il a conservé est le look de Michael Myers. “Mais même ça, j’avais envie de le changer,” avoue-t-il. “Quand l’intrigue se noue et qu’il retrouve son masque 17 ans après, il est en loques. C’est toujours le masque d’origine mais très abîmé, parce qu’il est impossible qu’il soit resté neuf.”
Le masque du film de 1978 n’existait plus, ce qui obligea le maquilleur Wayne Toth à improviser. Toth, un vétéran des maquillages d’effets spéciaux, a travaillé avec Rob Zombie sur ses clips, la mise en scène de ses concerts et sur ses deux premiers films. Pour HALLOWEEN, sa mission était bien précise : reproduire à l’identique le masque de Michael Myers. “Le plus compliqué est que je n’avais pas le design d’origine à ma disposition,” se remémore Toth. “Du film de Carpenter, je n’avais que des photos de plateau, des jeux d’exploitation, des images tirées de la pellicule, et tout cela avait à chaque fois un air très différent.
D’autant que plusieurs types le portaient dans le premier film et que les éclairages n’ont rien à voir d’une photo à l’autre. C’était comme devoir sculpter le visage de quelqu’un en partant d’un document de très mauvaise qualité. J’ai fait mon maximum pour rester le plus fidèle possible.” Toth raconte qu’il lui a fallu deux semaines pour sculpter le masque. “On a fait une version en argile, puis la version finale en latex,” dit-il. Pour les besoins du tournage, il a fabriqué trois copies de la version “neuve” et six de la version “usée”.

Une fois le design du masque terminé, Toth raconte que personne ne lui a demandé de changer quoi que ce soit. “Rob, les producteurs et le studio l’ont aimé immédiatement,” dit-il. Comme plusieurs membres de l’équipe, Toth a grandi avec des films légendaires comme HALLOWEEN. Il savait donc combien il était important de faire un travail, irréprochable sur le masque. “Je ne pensais qu’à une chose : comment les fans allaient nous attendre au tournant. Je savais que si je parvenais à les satisfaire, j’aurais réussi mon coup.”
Le masque légendaire de Michael n’est pas le seul accessoire iconique associé avec le célèbre tueur. Michael utilise également un couteau de boucher géant. En raison de la taille et de la poigne démesurée de Tyler Mane, des ajustements ont dû être réalisés sur les couteaux pour que les proportions soient respectées. Selon le chef accessoiriste John Brunot, le jeune Michael Myers utilise un couteau de 25 centimètres. “Par la suite, Michael adulte le déterre pour commettre sa nouvelle série de meurtres,” explique Brunot. “Mais quand nous avons testé ce couteau avec Tyler Mane, il semblait trop petit. On a dû le remplacer par une réplique exacte qui, pour sembler aussi menaçante dans les mains de Tyler, devait faire 30 centimètres.”
“On avait des dizaines de couteaux,” raconte son assistant Mark Richardson. “Des couteaux propres, des couteaux abîmés, des couteaux pleins de sang, des couteaux rétractables… Le couteau joue un rôle plus important dans ce film que dans l’original. Cette fois, Michael l’a avec lui en permanence. C’était toujours un moment très bizarre pour moi, parce que juste avant qu’il n’aille tuer quelqu’un, c’était à moi de lui apporter son couteau…”


Commentaires
1. Le jeudi 3 juillet 2008 à 18:23, par xx-rockero-xx
2. Le vendredi 11 juillet 2008 à 14:11, par la fan de michael
3. Le mardi 28 octobre 2008 à 12:04, par Harry Potter
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